La quête (2014)

Perdre pied dans la soif
noyée dans l’amertume des mirages
les oasis s’ouvrent et se referment
comme les verres se remplissent
d’euphories incendiaires

Courir toujours courir
après des fantômes
d’idéaux et de chair
mon front se bute
aux promesses insoumises

Ma bohème orageuse
m’étripe lentement
les vertiges sont des pièges
la naïveté est sangsue
accrochée à la bête

Pleurer de rage
mais courir encore
et m’évanouir au pied
de la montagne
affaiblie par la peur
torturée par la honte

Les libertés sont vaines
si elles sont harnachées
grises les voiles ficelées
forcent les épaves
coulent les caresses

D’avoir trop mangé d’étoiles
il y a des cages pleines
de ces fous brisés
divisés en d’insolubles casse-têtes
répartis dans la solitude
muets et abandonnés

Chercher leur trace
dans l’écume des mots
dans la boue printanière des espoirs
crier leurs noms
et n’entendre que l’écho d’un ventre vide

Les Hommes se gorgent de sève
mais on les coupe au tronc
les haches se lèvent
dévastant les pulsions
abêtissant le bonheur

Les projets s’accumulent en poussière
emplissent mes poumons
étouffent et surchargent
nourrissant mes tristesses
jusqu’à les faire éclater

Courir étendue par terre
éclaboussée de sécheresse
observer la lente destruction des rêves
le carnage affectif des échecs

Il n’y a pas de rédemption
pour les faibles rêveurs
que des condamnations
Dieu n’est pas dans le béton
Il est partout sauf ici

Ma patience est abimée
ses ailes brûlent
dans les ténèbres des bars
la foi se liquéfie
inonde mes obscurités

Il nous faudrait des mots
des armées d’encre vigilante
des rideaux de fer qui s’ouvrent
pour libérer les mangeurs d’étoiles

Des œuvres comme des miroirs
accrochées aux réverbères
l’amour est dans la rue
il marche par milliers
ignorant de son nom

Des images à perte de vue
des tableaux en remparts
témoin ces paysages
de mes repères détrempés

 

Il y a le silence des territoires inviolés
qui gronde comme rivière
dans les bouches cousues
dans les volontés fripées
des mangeurs assoiffés

Cracher sur les murs
mon esprit déployé
m’asseoir et observer
il n’y aura plus de silence
que la lumière et l’été

Danser sur l’interdit
et cascader en rizières
les falaises sont prairies
elles assèchent mes malaises

La course se fait recherche
trimballe ses ardeurs en baluchon
chante et réclame délivrance

Prendre racine en terre nouvelle
et déshabiller les cris
pour déployer leur nudité féconde

Il y a toi
dans mes yeux et ma bouche
à mesure que tu t’épanouis
j’évanouis mes misères

C’est comme un cataclysme
les prisons ébahies
fallait-il tout détruire
et avaler les cendres ?

Des passions sans fissures
pour ancrer le temps
juteuses et rassasiées
enfantines et fières

Chaque nouveau pas chancèle
mais il ne fait plus soif
il n’y aura de silence
que celui qui inspire

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